La librairie Folies d’encre
&
VOX
vous invitent à une
rencontre-lecture dédicace
le mercredi 1 février 2012,
à 18h30,
avec les "Fabulos lectors of Montreuil"
à l’occasion de la parution du roman
La nuit du chien
d’
Olivier
Brunhes
En présence de l’auteur
&
du buffet du jour
Si quelqu’un nous accuse de copinage, ce quelqu’un se trompe: tout d’abord, Olivier n’est pas un copain, c’est un ami.
Comédien, metteur en scène, auteur de théâtre, il a participé au festival VOX.
Mais aussi, voire surtout, son premier roman, “La nuit du chien”,est un très beau roman aux multiples personnages sculptés par leurs paroles,
par la langue et la verve d’ Olivier.
Fêtons la naissance d’un romancier !
CULTURE - le 19 Janvier 2012
l’HUMANITE
Littérature
Celui qui change après avoir vaincu la bête
Dans son premier roman, le comédien et dramaturge, Olivier Brunhes impose à son héros, livré à lui-même, les péripéties d’un parcours initiatique semé d’embûches…
La Nuit du chien, Olivier Brunhes, Actes Sud. 236 pages, 18,80 euros.
Le comédien et dramaturge Olivier Brunhes propose, avec ce premier roman réussi, une plongée dans la vie chaotique de Tobias alias Dog, un jeune homme orphelin de mère trimballé de famille d’accueil en famille d’accueil alors que son père, taulard, se suicide par pendaison un jour de liberté conditionnelle.
En évitant la linéarité du récit, l’auteur nous fait suivre, d’assez précise manière, cet antihéros tout au long d’un chemin de croix initiatique. En deuil soudain de la figure du père, Dog doit ronger son os en trouvant sa loi en lui-même, sur une route semée de morts et de tentations en tout genre. Le récit, divisé en sept parties, résulte d’une organisation très maîtrisée. La première a lieu en 1986, quand Tobias a onze ans. Sous forme elliptique, l’auteur nous projette ensuite en 2008, où nous retrouvons son héros en train de purger sa peine en prison. Bientôt livré à lui-même, physiquement délabré, il va mener un combat contre l’adversité.
Le roman nous fait traverser divers milieux : nature gelée, théâtre de scènes de chasse dans la forêt, univers pénitentiaire, boîte de nuit, squat insalubre et hôtels minables… On croise ici et là des personnages très incarnés, à la langue bien pendue souvent argotique : gens du peuple qui n’ont rien à perdre. Martine, par exemple, la tante d’adoption, est atteinte d’une maladie incurable, tandis que l’Ancien, volontiers mutique, a grandi au temps «â€¯des guerres, de la possibilité industrielle de la mort, des camps et des charniers, de la fin des espoirs de partage… ». Quant au Hambourgeois, fossoyeur de son état, il picole, et Marco, le voisin de cellule, alterne les séjours – «â€¯le in et le off », écrit le narrateur – et carbure aux amphétamines, à la coke, aux pétards et à la vodka… Chacun habite sa propre langue y compris Fortin, le comédien-poète, qui, lui, parle comme un livre.
Le titre, la Nuit du chien, fait référence à une des scènes d’ouverture du livre lorsque Tobias, en fugue, se retrouve nez à truffe avec un molosse qu’il doit tuer. Alors, il pourra se baptiser Dog.
Olivier Brunhes expérimente plusieurs formes : récits de rêves, incantations, chansons, onomatopées, parlers populaires, monologue intérieur… La langue de son récit haletant est toujours vivante, charnelle, rageuse. Ce roman peut signifier que la vie est une farce noire jusqu’à l’instant où le héros a la force de changer, et découvre enfin “ la griserie d’être au monde”.
M. S.