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Notre assassin
Notre assassin -  Joseph Roth

Traduit de l' Allemand par  Blanche Gidon
Roman - Pays-bas
Collection : Fictions |  224 pages  | Paru en Juin 2008  | Prix : 17.00 €
Gencod : 9782907337434

Edito

«Je vis entrer un officier de police. Sorte de gandin tiré à quatre épingles, ganté de blanc, avec un sabre étincelant, un étui à revolver bien ciré, des yeux comme polis oùfulgurait un éclair d'acier, des jeux déglace et d'orgueil. Alors, uniquement à cause de cet homme, sans regarder mon interlocuteur, je dis tout à coup :

—Je veux entrer dans la police.
Mes chers amis, cette parole inconsidérée a décidé de mon sort. Je n'ai appris que plus tard que les paroles sont plus importantes que les actes et je ris bien souvent quand j'entends clamer le slogan à la mode : « Pas de paroles, des actes ! » Rien de plus inconsistant qu'un acte. Il passe. Une parole reste. Des actes, même un chien peut en accomplir. Comparé avec la réalité, la réalité impondérable de la parole, le fait accompli, l'acte n'est qu'un fantôme. Par rapport aux mots, les actions se comportent à peu près comme l'image à deux dimensions du cinéma par rapport à l'homme de chair et d'os, l'homme à trois dimensions. Ou, si vous préférez, comme la photographie par rapport à l'original. Voilà pourquoi je suis devenu un assassin. »
« Votre roman est excellent, l'équilibre est parfait cette fois-ci, et l'aspect russe réside dans les personnages aussi bien que dans le rythme. Grandes félicitations ».
Stefan Zweig, dans une lettre à son ami Joseph Rot. 


Biographie : Joseph Roth

Juif né en Galicie, tout près de la frontière russe, Joseph Roth étudie la philosophie et les lettres. En 1916, il s'engage dans l'armée impériale. Selon ses dires, il aurait combattu les russes et fait prisonnier. En réalité, il fut démobilisé et ne semble pas avoir fait partie d'une unité combattante. En 1926, un voyage en Union Soviétique lui fait perdre ses illusions socialistes. Il parcours l'Europe comme correspondant de presse pour plusieurs journaux. Son épouse, atteinte de schizophrénie, sera éliminée par les nazis à cause de sa "tare biologique". Roth fuit l'Autriche en 1933 après l'Anchluss et s'installe à Paris, où il sombrera dans l'alcool et la misère. Il meurt en 1939 à l'Hôpital Necker.